Edito avril 2004
Nécessaire Equilibre en Afghanistan
En Mai 2002, le Monde Diplomatique titrait « L’Afghanistan retombe
dans le chaos ». Deux ans après, on peut voir que ce pronostic
n’était pas le bon même si des problèmes et des tensions
persistent, souvent amplifiées par des associations se réclamant
des Droits de l’Homme (comme Human Right Watch) mais qui eurent parfois
d’étranges complaisances à l’égard des talibans.
A ce jour, la Constitution est votée. Les proches du président
de la république, Hamid Karzaï, ont tout fait pour obtenir une constitution
de type présidentielle, jouant parfois avec le feu des tensions accumulées.
La constitution mise en place est certes sur le modèle présidentiel
mais avec des pouvoirs accordés aux assemblées plus importants
que ceux initialement prévus. Son aspect très jacobin n’était
cependant sans doute pas le plus indiqué pour un pays où se croisent
cultures et langues fort différentes.
Les combats à Herat qui ont fait suite à l’assassinat du
fils d’Ismaïl Khan, Mirwais Sadiq, ministre de l’aviation civile,
par des troupes mises en place par le gouvernement central, montrent bien les
difficultés d’un modèle importé.
Dans les périodes d’après conflits, il y a toujours, pour
ceux qui ont combattu, le sentiment désagréable qu’on cherche
à les mettre de côté. C’est le cas pour Ismaïl
Khan, qui aujourd’hui fait prospérer sa région après
avoir combattu les soviétiques puis les talibans. Il est la cible toute
désignée de ceux qui souhaitent voir le pays gouverné uniquement
par des dirigeants passés au moule des grandes écoles anglo-saxonnes.
L’avenir de l’Afghanistan ne peut se concevoir que dans cet équilibre
maintenu jusqu’à présent entre ces dirigeants revenus de
l’exil, qui ont largement permis le succès de la conférence
de Berlin, avec la promesse de 8 Milliards de dollars sur trois ans, et ceux
qui ont acquis sur le terrain leur légitimité en combattant soviétiques
puis talibans.
C’est ainsi que les 4 millions d’enfants scolarisés, dont
un million de filles, et ceux qui le seront dans les mois à venir, pourront
espérer des lendemains meilleurs. C’est également ainsi
que les droits de Homme et ceux de la Femme progresseront comme ils l’ont
déjà fait depuis deux ans.