Edito octobre 2004 La défaite des talibans

Les élections présidentielles ont pu avoir lieu en Afghanistan malgré les menaces des talibans. Ce fait est en soi une victoire. Plus qu’une victoire, un bonheur pour un peuple privé de droit à la parole depuis vingt cinq ans par ses puissants voisins, l’Union Soviétique d’abord, le Pakistan ensuite.

Nous ne cacherons pas notre plaisir devant ce seul fait quelque soit le résultat des élections, quelques soient les manœuvres ou irrégularités qui ont pu émailler la préparation de ces élections.

La première défaite des talibans, ce fut ces dix millions d’afghans et, en plus fort symboliquement, d’afghanes, s’inscrivant sur les listes électorales parfois au prix de leur vie. Cette défaite est confirmée par la participation qui semble massive à ces premières élections démocratiques de l’Afghanistan.

Non, l’Afghanistan, ce n’est pas le chaos que certains nous annonçaient il y a déjà deux ans. Oui, les talibans sont bien un produit d’importation créé au Pakistan et manipulé par le Pakistan, une tumeur dont les anti-corps avaient une forme de bulletin de vote.

Nous le pensions, nous le pensons encore plus aujourd’hui, l’Afghanistan est sur la bonne voie. Ce magnifique pays le restera si la communauté internationale sait mettre en oeuvre une aide intelligente qui ne soit pas un mainmise ostentatoire.

Merci aux afghans d’avoir démontré, par delà les campagnes orchestrées sur le féodalisme, le tribalisme (non, pas le cannibalisme, tout de même), l’ethnicisme, les chefs de guerre, et on en passe, leur maturité réaffirmée après ces vingt cinq ans de souffrances.

Merci à celui qui a toujours cru, qui a symbolisé au mieux ce combat pour un Afghanistan indépendant et démocratique, le Commandant Massoud.

Le bureau de Darah-Afghanistan